Emmanuel Togbé décline les actions du RADEB pour l’amélioration de la qualité de l’éducation

Emmanuel Togbé décline les actions du RADEB pour l’amélioration de la qualité de l’éducation

Après plus d’une décennie d’existence, le Réseau des Acteurs de développement de l’éducation au Bénin (RADEB) contribue à une éducation de qualité pour toutes et tous à travers des projets novateurs. Dans cet entretien,  Emmanuel Togbé, Coordinateur du RADEB en fait un bilan net. 

Nouvelle Expression : Emmanuel Togbé Tété, vous êtes coordinateur du Réseau des Acteurs de développement de l’éducation au Bénin (RADEB). Quelle est la raison d’être de votre réseau ?

Emmanuel Togbé Tété : La raison d’être du RADEB, créé en 2005 et enregistré en 2010, est de contribuer à une éducation de qualité pour toutes et pour tous à travers des initiatives pédagogiques innovantes et la promotion des bonnes pratiques éducatives au Bénin. Pour nous au RADEB, on peut faire le plaidoyer autrement. Après avoir identifié les problèmes, nous faisons des expérimentations, nous les capitalisons, et ensuite nous passons au plaidoyer avec des résultats et des preuves.

C’est ainsi que nous pensons que la société civile peut accompagner le développement de notre pays surtout en matière d’éducation qui est un pilier pour tout développement. C’est notre manière d’influencer les politiques publiques.

Le RADEB, c’est un regroupement de 31 Organisations non gouvernementales et associations actives en éducation et pluri acteurs. Quel rôle joue fondamentalement chacune de ces organisations pour l’essor de votre organisation ?

En réalité, chaque organisation membre a compétence dans au moins une de nos thématiques : Petite enfance, éducation de base, éducation non formelle et handicap. Au sein des groupes thématiques, ces organisations apportent leur expertise pour alimenter les réflexions afin d’innover de bonnes pratiques de nature à trouver  des solutions aux problèmes de notre système éducatif.

Quels sont les faits d’armes à mettre à l’actif de cette organisation ?

Il faut dire que depuis 2005, le RADEB a renforcé les capacités des organisations membres en gestion de projets, en gestion administrative et financière, en informatique et en capitalisation. Plusieurs enseignants et animateurs ont été renforcés en techniques alternatives d’apprentissage de la lecture, en éducation artistique et en fabrication d’outils pédagogiques à base de matériels de récupération. Plus de 50 mini-projets ont été co-financés en faveur des organisations membres pour un investissement s’élevant à plus de 100 millions de nos francs.

Aussi, avons-nous instauré les clubs de lecture et de tutorat pour améliorer les compétences en lecture des apprenants dans certaines écoles primaires publiques au sud du Bénin. Vous n’êtes pas sans savoir la question de la lecture est devenue préoccupante de nos jours. Le RADEB, c’est aussi la participation citoyenne surtout en milieu jeune. Pour finir,  nous sommes actuellement entrain d’expérimenter un projet de kit numérique dans les écoles pour essayer de moderniser l’enseignement. C’est un projet ambitieux que nous allons mettre en œuvre dans certaines écoles, capitaliser pour améliorer l’expérience avant de passer à un éventuel plaidoyer. Le RADEB, c’est beaucoup d’autres actions en faveur des personnes handicapées et vulnérables.

Dans votre quête permanente de contribuer à une éducation de qualité au Bénin, avez-vous noué des partenariats entre le RADEB et des structures intervenant dans le domaine de l’éducation ? 

Nous avons plusieurs partenaires tant au niveau national qu’international. D’abord au niveau national, nous avons un agrément avec le Ministère des Enseignements maternel et primaire et sur le terrain avec les chefs de région pédagogiques, les conseillers Pédagogiques, etc,., Nous travaillons avec une dizaine de mairies dans le cadre de la mise en œuvre de nos activités. L’ambassade de France au Bénin et la maison de la société civile font partie de nos partenaires nationaux. Au niveau international, il faut dire que le RADEB bénéficie d’un programme régional dénommé : « Tous et Toutes Pour une Education de Qualité (TOP-EDUQ) ». Ce programme réunit quatre pays (le Bénin, le Burkina-Faso, le Sénégal et la France) et est cofinancé par Solidarité Laïque et l’Agence Française de Développement (AFD).

Le parcours du RADEB, ce ne sont pas  que des moments d’allégresse. 

Toute activité connait des difficultés et le réseau n’en fait pas exception. Le grand défi du réseau actuellement, c’est bien la question de financement car nous avons prévu dans notre plan stratégique de belles actions pour accompagner l’éducation dans notre pays tant au niveau formel que non formel. Il faut donc mobiliser les ressources pour y arriver.

Avec le recul, avez-vous le sentiment que le Réseau a pleinement atteint ses objectifs ?

Nous sommes en bonne voie pour atteindre nos objectifs. Tant qu’il y a à faire pour une éducation de qualité dans notre pays sous toutes les formes, c’est que le réseau a du pain sur la planche.  Remarquez avec moi le problème d’incivisme dans notre pays, quel type de citoyens forme l’école aujourd’hui ? Allons-nous laisser la responsabilité d’éducation à l’école seulement ? Quelle est la participation des parents d’élèves membres  des Organisations de la société civile pour une éducation holistique et de qualité ? Voilà autant de défis en matière d’éducation dans notre pays et cela devrait nous préoccuper tous.

Quelles sont les perspectives du RADEB dans ce monde en perpétuelle mutation ?

Les perspectives sont prometteuses. Dans le programme qui fera suite à TOP-EDU, nous voulons aborder la question de la citoyenneté, l’employabilité des jeunes et les migrations. En d’autres termes, il s’agit en majorité d’un type d’éducation non formelle. Ces problèmes font partie des préoccupations de la jeunesse et nous voulons apporter notre contribution pour des solutions simples et efficaces. La veille citoyenne surtout en matière d’éducation tant au niveau local que national sont aussi des thématiques que nous souhaitons renforcer au cours des prochaines années.

Réalisation : Sylvanus AYIMAVO, le Chargé de Communication          

 

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